A small Man in a big world SINAN MANSIONS – SHANGHAI

9 Posted by - 7 juillet 2014 - Events / Exhibitions

Pierre Dumonteil et Yuxin Zheng invitent Gérard Rancinan à exposer sa toute nouvelle série artistique A small Man in a big world et Caroline Gaudriault à présenter la version chinoise de son livre Un petit homme dans un vaste monde au centre d’art Sinan Mansions. Cette maison de quatre étages est située en plein cœur de Shanghai, dans l’ancienne concession française. Ce lieu d’exposition plus intime met en valeur le nouveau projet, inspiré de l’essai poétique Un petit homme dans un vaste monde de Caroline Gaudriault, qu’elle signe avec Francis Fukuyama, et composé de 15 œuvres photographiques inédites à l’esthétique épurée de Gérard Rancinan. Il est question d’un homme confronté à l’invariable géométrie du monde.

Chaque nouvelle série est une prise de risque pour Rancinan qui n’hésite pas dans cette vision du monde jusqu’au-boutiste, à chercher la rupture avec son travail précédent. On se méprenait à le voir trop vite installé dans la réalisation de mises en scène volontairement baroques et bavardes, revisitant les codes et les signes de notre histoire occidentale. Il choisit aujourd’hui l’intimité du studio et le travail avec un unique danseur. Dans une recherche graphique, minimaliste et épurée, il s’est rapproché d’une écriture contrastée, presque noire et blanche sans jamais l’être totalement. L’œuvre proposée n’en garde pas moins sa signature identitaire dans ce qu’elle a de contemporain et de monumental. Rancinan se plonge dans la symbolique en mettant en rapport l’homme dans ses attitudes face au monde, à travers le jeu des formes géométriques. Il pousse les limites, cherche la ligne essentielle entre l’homme et son monde, l’équilibre précaire d’une tension entre l’un et l’autre, parfois dans une relation harmonieuse, d’autres fois dans une relation déstabilisante. Il est toujours question d’axe à trouver, métaphore d’un sens que les hommes donnent à leur existence.

Caroline Gaudriault a regardé l’homme dans son actualité et en a commenté les contradictions, les tentations de plonger tête en avant vers une modernité absolue. Dans les trois livres de La Trilogie des Modernes, elle a évoqué les métamorphoses prometteuses mais aussi les dérives, au hasard de ses rencontres avec Paul Virilio, Claude Hagède, Axel Kahn, le Cardinal Barbarin… Avec impertinence, elle y a fait le portrait d’une société en quête de bonheur universel, de liberté et de désirs individuels, d’infantilisation et d’uniformisation. Elle a usé d’humour, mais néanmoins elle a tiré le trait des revers, au risque d’y laisser parfois un ton alarmiste.

C’est une toute autre approche que Caroline Gaudriault a choisi dans son essai Un petit homme dans un vaste monde. Avec l’idée qu’un monde nouveau est en marche, elle est partie à l’Université de Stanford rencontrer le conservateur Francis Fukuyama, le penseur de La Fin de l’Histoire, politologue et philosophe américain. De leurs échanges est née une conversation où ils se posent ensemble la question du devenir de l’identité humaine. Aboutissement ou déliquescence ? Le ton extra lucide laisse place dans une seconde partie à un regard plus poétique. Comme si, à l’heure des questionnements sur la nature même de l’homme, Caroline Gaudriault souhaite le replacer dans ce qui fait toute sa beauté et sa fragilité. Il n’est plus question de menaces puisque l’homme est déjà dans un après. À travers des pensées libres sous forme de dystopies, elle s’amuse à imaginer l’homme nouveau.

Une installation des poèmes extraits du livre sera réalisée dans le centre d’art Sinan Mansions, qui a pour vocation d’abriter une maison littéraire où des écrivains comme Jean-Marie Le Clézio sont invités. Des rencontres avec des écrivains et penseurs chinois sont prévues tout au long de l’exposition.

Le livre paraitra en septembre 2014 dans sa version chinoise chez l’éditeur Guangxi Normal University Press Group, une des plus importantes maisons d’édition chinoises.

 

Le livre

Caroline Gaudriault, avec Francis Fukuyama Photographies de Gérard Rancinan

Un petit homme dans un vaste monde

 

 

 

 

  Un petit homme dans un vaste monde, Caroline Gaudriault, avec Francis Fukuyama
Photographies de Gérard Rancinan
Editions Paradox, 128 pages, 10 illustrations

=小人物 大世界。, Edition chinoise, Guangxi Normal University Press Group A small Man in a big world, Edition anglaise, Paradox
Prix : 19€